action de voler une banque à main armée

LePremier ministre libanais Saad Hariri a affirmé jeudi que l'armée libanaise allait renforcer sa présence au Liban-Sud à l'ouverture de la conférence de Rome 2, le 15 mars 2018. Toutefois il peut légalement s'exonérer en cas de force majeure (très rare: vol à main armée par exemple) ou s'il prouve que le préjudice est la conséquence d'une faute du client.A défaut d'une telle preuve, le montant du remboursement est en effet limité à 100 fois le prix journalier de la chambre.L'indemnisation doit dans un premier temps être résolue à Actionde voler une banque à main armée Solution Cette page vous aidera à trouver toutes les solution de CodyCross à tous les niveaux. À travers les astuces et les solutions que vous trouverez sur ce site, vous pourrez transmettre chaque indice de mots croisés. Gerassimovest ce que l'on peut appeler un très gros poisson. Ancien de la deuxième guerre de Tchétchénie, des sanglantes opérations russes menées en Syrie en soutien à Bachar al-Assad comme de la campagne de Crimée en 2014, médaillé à de multiples reprises, il a été tué dans l'Oblast de Kharkiv le 7 mars. Il tenait alors le poste 5 J'ai une photographie de lui [Charles Demange] bien douloureuse. Elle fut faite à l'occasion d'un bal costumé d'enfants. Il a douze à quatorze ans, il est vêtu en Hamlet, lui qui devait être hanté si fort par l'angoisse de la destinée humaine, lui qui au bord de l'action, amoureux de l'action, sentit sa pensée se refuser à l'action. C'est un rêveur qui rêve d'agir, qui s'impose nonton film night in paradise sub indo. Qu’est ce qu’une arme a feu ?Les armes à feu sont des mécanismes qui reposent sur leur capacité à exploiter l’énergie d’une explosion. La finalité d’une arme à feu est d’expulser un projectile du mécanisme avec des caractéristiques physiques précises telles que la vitesse, la portée ou l’équilibre gyroscopique. Le mécanisme s’appuie sur quelques pièces nécessaires à son bon fonctionnement schema armes Mécanisme de fonctionnement d'une arme à feu - la queue de détente, actionnée mécaniquement par le doigt du tireur ; - la gâchette qui va libérer le percuteur ; - le percuteur, pièce métallique qui peut être mise en mouvement par un ressort ou une masse percutante, et dont la pointe vient frapper l’amorce de la munition à l’entrée de la chambre afin d’enflammer la poudre et de faire partir le projectile ; - le canon, tube qui va permettre de guider le projectile jusqu’à la sortie de l’arme et lui donner des caractéristiques physiques pour son vol libre. Les différents types d’armeBien qu’il existe une quantité importante de types d’arme ou de mécanismes plus ou moins artisanaux, il est possible de classer les armes selon plusieurs grandes familles classification armes à feu Classification schématique des armes à feuLes armes de poingUne arme de poing est une arme qui, par définition, n’est pas destinée à être épaulée et peut donc être utilisée d’une seule main grâce à sa taille réduite et son faible poids. Elle a la particularité d’être très facilement dissimulable. Plusieurs sous catégories existent les revolvers, les pistolets à un coup, automatiques et pistolets regroupent l’ensemble des armes de poing sans barillet. Ils peuvent être à un seul coup pour le tir sportif mais peuvent en général tirer plusieurs coups à la suite jusqu’à 33 cartouches. Ils sont appelés semi-automatiques lorsqu’une nouvelle course du doigt sur la détente est nécessaire pour faire partir un nouveau coup. Si l’on peut tirer en rafale », c’est-à-dire que la simple stabilisation en fin de course de la queue de détente permet de faire partir un nouveau projectile, le pistolet est dit automatique. L’approvisionnement de ces cartouches s’effectue par un chargeur ou un magasin placé dans la poignée de l’arme. Les cartouches sont disposées l’une au dessus de l’autre dans le chargeur et montent en chambre par l’action d’un ressort au fond du chargeur. schéma revolver Parties principales d'un revolverLa majorité de ces armes fonctionne selon deux modes la double et la simple action. La double action correspond au fonctionnement permettant au marteau plus communément appelé chien d’être armé puis relâché en effectuant un cycle complet d’armement grâce à l’action du doigt sur la queue de détente. En revanche, la simple action consiste à armer au préalable le marteau, manuellement ou par un mouvement de culasse, avant de déclencher le tir. La course de la queue de détente est alors beaucoup plus courte par rapport à la double action. La simple action permet au tireur d’exercer une force de pression plus faible pour déclencher le tir, rendant son tir plus culasse est une pièce indispensable pour toutes les armes semi-automatiques ou automatiques. Cette pièce est mobile et comporte en général le système de percussion et le système d’extraction. Lorsque le percuteur frappe l’amorce, la culasse est fermée et réalise l’étanchéité entre la chambre et l’extérieur. Lorsque le projectile sort du canon, sous l’effet des gaz, la culasse recule, accroche l’étui grâce à la griffe de l’extracteur, puis libère une fenêtre d’éjection vers l’extérieur expulsant l’étui après qu’il ait heurté l’éjecteur. En fin de course, la culasse réarme le dispositif de percussion. La culasse est enfin rappelée par un ressort récupérateur et chambre une nouvelle fabricants d’armes doivent donc calculer avec justesse le dimensionnement des parties mécaniques et la pression des gaz résiduels afin que la culasse ait assez d’énergie pour faire un cycle complet d’extraction/armement/chambrage sans détériorer le mécanisme. Pour les munitions de calibres puissants, les concepteurs ont inventé le système de culasse verrouillée permettant de retarder l’ouverture de la culasse. Ce mécanisme permet de transmettre un maximum de vitesse au projectile durant sa course dans le canon avant que la culasse ne puisse s’ouvrir. Cette ouverture a lieu lorsque la pression des gaz diminue et provoque un léger recul du canon par armes d'épaule Les armes dites d’épaule regroupent toutes les armes qui peuvent être épaulées lors du tir, comme les fusils de chasse ou les fusils d’ grandes catégories existent les armes d’épaule à canon lisse et les armes d’épaule à canon armes d’épaule à canon lisse sont de trois types - des fusils de chasse pouvant avoir deux canons de même calibre, superposés ou juxtaposés et dont le chargement de cartouches se fait en basculant les canons ; - des fusils à pompe possédant une réserve de munitions dans un magasin tubulaire et se rechargeant en actionnant une pompe sous le canon de l’avant vers l’arrière ; - des fusils au fonctionnement semi-automatique et possédant également un existe également des fusils de chasse possédant trois ou quatre canons ou des fusils de chasse dits mixtes » qui ont à la fois des canons rayés et des canons canon rayé, quant à lui, a été conçu pour imprimer au projectile une rotation qui lui permet d’acquérir une stabilité gyroscopique durant son vol et de gagner en précision et portée. En effet, à l’image d’un ballon de basket tournant autour d’un doigt qui est plus stable qu’un ballon immobile sur ce doigt, le projectile ayant un effet gyroscopique est beaucoup moins sensible aux éléments extérieurs pluie, vent, différence de milieu… pouvant modifier sa trajectoire. Les rayures sont réalisées lors de la fabrication du canon et parcourent toute la longueur du canon en son intérieur, en tournant autour de l'axe du de mise en rotation de la balle par les rayures du canon Les canons rayés sont visibles sur de nombreux fusils comme les armes de chasse, de sport ou les armes de guerre. L’éjection d’un étui et le chargement d’une nouvelle cartouche se font manuellement en actionnant une poignée sur le côté de l’arme par un mouvement d’aller-retour de l’avant vers l’arrière. Le système le plus répandu est le système de culasse à verrou comme sur le Mauser de 1898. Néanmoins, il existe d’autres systèmes comme celui du levier de sous-garde fonctionnant en abaissant et remontant le pontet d’avant en arrière mécanisme des carabines Winchester.Les fusils semi-automatiques ou automatiques sont des armes d’épaule permettant de tirer plusieurs coups à la suite sans nécessairement recharger manuellement l’arme. Certains ont un sélecteur de tir permettant de tirer au coup par coup ou en principe de fonctionnement des armes automatiques dites à culasse non calée ouverte » repose sur un cycle simple rendant l’arme robuste et peu coûteuse à fabriquer. Lors de la mise à feu, le tireur actionne la queue de détente libérant le bloc culasse entraîné par le ressort récupérateur. Celui-ci prélève une munition dans le chargeur et plaque le culot de la munition pendant que le percuteur vient frapper l’amorce de la munition. La poudre enflammée s’expand et les gaz créés propulsent le projectile le long du réarmement du mécanisme se fait via la poussée des gaz vers l’arrière de l’arme due à la combustion. Cette poussé implique le recul du bloc de culasse, un peu après le départ du projectile. Ce léger retard permet de conserver le canon le plus étanche possible de manière à ce que les gaz de la combustion accélèrent le projectile le plus longtemps possible. Le retard est provoqué par l’importante masse du bloc culasse et par la raideur du ressort retour du bloc culasse est finalement stoppé par le ressort récupérateur et renvoyé vers l’avant pour placer une nouvelle munition dans la chambre, plaquer le culot de la munition contre la tête de culasse et frapper l’amorce par le percuteur. Un nouveau cycle est engagé, le tir se fait automatiquement, il suffit de maintenir pressée la queue de mitraillette britannique Sten MK II, utilisée pendant la seconde guerre mondiale, est l’exemple parfait de ce mécanisme. Pistolet mitrailleur britannique Sten MK IILe principe de fonctionnement des armes automatiques dites à culasse calée » intègre le fait d’avoir un dispositif de verrouillage de la culasse. La principale innovation par rapport au fonctionnement d’une arme à culasse non-calée est que le dispositif de verrouillage de la culasse va permettre de retarder davantage le recul du bloc culasse après le départ du projectile. Ce procédé va permettre d’augmenter la puissance de la munition sans pour autant alourdir le bloc Gallusser A. Expertise des armes et des éléments de munitions dans l'investigation criminelle Traces d'armes à feu. Sciences Forensiques, 2e Connaissance des armes à feu légères et de leurs munitions fiche 4701 du centre de documentation et de pédagogie du commandement des Écoles de la Gendarmerie Nationale Le 29/04/2013 à 1055 MAJ le 01/08/2013 à 1141Soldats français de retour du Mali - -Ce lundi 29 avril, le chef de l'Etat reçoit le nouveau Livre blanc qui servira à fixer les priorités de la France en matière de sécurité à l'horizon 2020. L'occasion de faire le point sur les moyens militaires actuels dont dispose la France mais qui pourraient bien être nouveau "Livre blanc" remis ce lundi au chef de l'Etat, qui est aussi chef des armées, servira de base à l'élaboration de la prochaine loi de programmation militaire 2014-2019 qui doit être débattue avant l'été au document sera mis en ligne lundi par la présidence, mais le chef de l'Etat ne devrait pas s'exprimer dans l'immédiat sur le sujet. C'est le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui présentera les grandes orientations aux armées. Il existe en France "deux contraines de souveraineté" que le pays "tienne son rang" militairement, mais aussi qu’il se désendette. Une équation à laquelle il "n’est pas en mesure" de répondre pour l'instant, avait expliqué celui-ci sur BFMTV le 5 de remise en cause des crédits militaires, avait ensuite annoncé François Hollande lors de son intervention télévisée, le 28 mars, sur France 2. Les crédits de la défense resteront donc à leur niveau actuel, soit 31,4 milliards d'euros par an 1,5% du PIB.Le nouveau Livre blanc ne devrait prévoir aucune remise en cause des grandes orientations de défense - maintien de la dissuasion nucléaire, retour complet de la France dans l'Otan. Mais de nombreux programmes d'armement devraient être réduits voire tout simplement reportés à une date au "format des armées", en clair le nombre de militaires, il devrait être, lui, aussi, revu à la baisse suppressions de poste interviendraient d'ici à 2019 en plus des en cours depuis détail, les forces et faiblesses de l'Armée française> civils et militaires au service de la étaient en 2009 à dépendre de la Défense. Sur ce total, seuls soldats sont "projetables" sur un théatre d'opération. L'Armée française compte officiers. Elle peut compter sur réservistes.> L'Armée de terre représente 45% des effectifs actifs hommesLes soldats doivent en théorie effectuer au moins 105 jours de manoeuvre et d'activité par an. L'Armée de terre dispose de 254 chars Leclerc, de 256 chars légers, 3520 véhicules blindés de l'avant, 297 hélicoptères d'attaque. La disponibilité des matériels est de 63% pour un Leclerc, mais de 50% seulement pour un vieux char AMX.> La Marine peut déployer marins et 60 bateaux, dont 38 2009, 20 navires ont été désarmés. Le porte-avions Charles-de-Gaulle embarque marins et 40 avions dont 12 Rafale. Le nombre de sous-marins nucléaire d'attaque reste fixé à 6 dont 4 seulement opérationnels. Celui des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins est de 4. L'objectif de 100 jours en mer minimum pour les navires de surface n'est pas respecté pour cause de contraintes budgétaires.> L'Armée de l'air aligne aviateurs et peut mettre en ligne 237 avions de chasse, 88 avions de transports et 80 hélicoptères. Les 8 premiers Airbus A400 M devraient être livrés fin 2014. 35 sont prévus d'ici à fin 2020. La disponibilité des matériels est de 63% pour les avions de chasse. Le coût de l'heure de vol d'un Rafale s'élève à euros. Au total, l'ensemble des avions ne peuvent voler que 93 500 heures par an. Les pilotes de chasse ne peuvent s'entraîner que 180 heures chacun. Texte intégral 1 Jean-Louis Loubet del Bayle, Marie-Hélène Cubayles, La police et la presse un système d’interac ... 2 Le thème de la presse comme support d’un discours policier est par exemple abordé par Andrew Davies ... 3 Christian Delporte, Les journalistes en France, 1880-1950. Naissance et construction d’une professi ... 4 Georges-André Parent, Presse et corps policiers complicité et conflit », Criminologie, vol. 20, ... 1En 1928, l’affaire des bandits de la Bourse ouvre à Marseille une séquence criminelle jalonnée de vols à main armée, qui se clôt en 1938 avec l’attaque du train de l’or. Étudier leurs représentations permet de contribuer à l’histoire contemporaine d’un phénomène mieux connu pour les temps modernes le banditisme. On a choisi pour ce faire de considérer d’une part les articles sur Marseille parus entre 1928 et 1940 dans Détective, et d’autre part des rapports et des enquêtes produits par la hiérarchie et les polices judiciaires marseillaises la 9e brigade de police mobile et la Sûreté, branche judiciaire de la police municipale étatisée. Presse et police jouent un rôle majeur dans l’élaboration et la diffusion de l’imaginaire criminel contemporain, auquel le banditisme ressortit. D’où la volonté de placer en vis-à-vis ces deux discours, en quête de leurs points de rencontre et de leurs discordances. Mais les années 1930 sont très sombres pour Marseille, entre scandales et corruption, et la singulière prévalence des vols à main armée alimente aussi, dans la presse, la critique des institutions locales et celle de la police. Détective n’est pas en reste. Dès lors, c’est aussi l’histoire des relations entre journaux et polices qui se donne à voir. Si la question intéresse les sciences sociales, et notamment la sociologie de la police, depuis les années 19701, l’histoire semble moins impliquée, en France en tout cas2. S’il est vrai que les relations entre policiers et journalistes sont globalement mauvaises dans les années 19303, les variations d’échelle et de contextes politique et social modulent ces interactions, qui varient aussi selon le ou les journaux, la ou les polices, la ou les personnes en contact4. Qu’en est-il lorsque l’enjeu du conflit est le crime organisé et lorsque l’institution mise en cause est la police judiciaire ? Dans cette contribution, trois axes seront privilégiés les logiques d’une polarisation conjointe de Détective et de la police sur ces vols et leurs auteurs, la répulsion fascinée qu’ils suscitent, la façon dont ils sont instrumentalisés. Une polarisation conjointe 2Sur dix-neuf articles relatifs à des vols marseillais, Détective en consacre quatorze à trois affaires celle des bandits dits de derrière la Bourse » 1928, l’attaque du bureau de poste de Saint-Barnabé 1932, celle du train de l’or » 1938. Le 20 novembre 1928, trois employés du Crédit foncier d’Algérie et de Tunisie sont dépouillés de 385 000 francs par trois malfaiteurs dans les terrains vagues qui jouxtent la bourse de commerce. Marcellin Loudier, l’économe chargé de leur protection, est tué par Griffaut, qui couvrait, lui, ses complices. Le 21 avril 1932, le bureau de poste de Saint-Barnabé est attaqué par Maucuer, Fusco, Mancini et Joulia. Prévenue, la Sûreté marseillaise y avait posté trois inspecteurs. À leur vue, les voleurs engagent une fusillade à laquelle aucun ne réchappe. Le 22 septembre 1938, un train de marchandises est arrêté et pris d’assaut par une douzaine d’hommes armés qui soustraient 180 kilogrammes d’or pur à la société des mines d’or de Kilo-Moto Congo belge. Le préjudice s’élève à 7 millions de francs. Trois cibles différentes, mais trois attaques à main armée qui polarisent l’essentiel de l’espace du journal consacré à des vols marseillais et dont la police et la justice consacrent l’exceptionnalité par de longues et amples enquêtes. Pour la Sûreté, l’attaque qui a coûté la mort à trois de ses hommes, en 1932, est la plus sensible. L’information préalable compte un nombre anormalement élevé de témoignages redondants tous les témoins désireux de s’exprimer ont été entendus par un service très mobilisé. C’est en revanche la police mobile qui se démène, en 1938, dans l’affaire du train de l’or », afin de démontrer sa rigueur, son professionnalisme et redorer l’image de la police marseillaise. 5 AN, F713985, Enquête du contrôleur général Blanc sur les gangsters des Alpes-Maritimes, du Var et ... 3À partir de 1932, l’image de Marseille se dégrade. Détective participe aux campagnes de presse défavorables à la cité et à sa municipalité. Après avoir longuement exploité la traîne de l’affaire Prince, qui mettait en cause deux truands proches de la mairie, le journal trouve, avec la question des vols à main armée, un nouveau filon. En juin 1937, Luc Dornain y voit le triomphe du gang marseillais ». L’hebdomadaire n’est sans doute pas le seul journal à exploiter le sujet car, en novembre, la Sûreté nationale envoie un contrôleur général à Marseille enquêter sur les gangsters des Alpes-Maritimes, du Var et des Bouches-du-Rhône », sur leur apparente impunité et sur les moyens d’y mettre un terme. Blanc, qui résume les faits et suggère des pistes de réforme policière, récuse aussi l’emploi trop englobant du terme gangster » par la presse, signe qu’il juge bon de réassurer l’expertise policière en matière de crime organisé5. Mais sur les vols à main armée, l’analyse de Blanc rejoint le constat des journalistes. 4Dornain énumérait quelques mois plus tôt différents braquages et définissait le coup de l’encaisseur » 6 Luc Dornain, Les gangsters de Marseille », Détective, 10 juin 1937. Dans le milieu marseillais est qualifié d’"encaisseur" d’une façon générale quiconque transporte des sommes importantes pour les besoins de quelque service administratif ou bancaire6. 5Chaque fois, les bandits armés et en réunion avaient agi rapidement et échappé à la police au moyen de puissants véhicules. Le contrôleur Blanc cible le même danger 7 AN, F713985, Enquête du contrôleur général Blanc... », op. cit. Le porteur de fonds est seul Cagnes, Nice-Trésorerie générale ou mal protégé Nice, Crédit commercial. Les fonds sont très importants 800 000 à 1 350 000 francs. Le moment et le lieu de l’agression sont des plus propices. L’agression s’opère instantanément quelques secondes. Les agresseurs sont trois ou quatre – masqués. Ils utilisent une voiture automobile. Ils sont identifiés comme venant de Marseille, ou fortement soupçonnés d’en venir. [...] Toutes ces agressions apparaissent conçues et exécutées selon une méthode uniforme qui dénote le travail de bandes bien entraînées7. 8 Les termes hold-up » et braquage » semblent s’imposer dans le second xxe siècle. 9 Dominique Kalifa, L’encre et le sang..., op. cit., p. 84-8 Ba5. Jeanzal, Le milieu and co. Confiden ... 6Les mêmes termes sont employés pour désigner les vols et leurs auteurs agressions », attaques », attentats », actes de banditisme caractérisé » ; bandits », voleurs », agresseurs », gangsters8 ». L’émissaire de la Sûreté nationale valide donc l’expertise journalistique, dont on peut supposer qu’elle n’est pas indépen dante du point de vue policier. Reporters et faits-diversiers s’informent en effet aux sources policières, dont ils épousent souvent le point de vue en retour9. 10 L’une est administrative et l’autre médiatique. Sur les types d’enquête et l’extension, notamment m ... 11 Sur la force des liens interpersonnels empiriques établis entre des membres de chaque corporation, ... 7Détective et Blanc ne tirent pas leurs informations d’enquêtes identiques10. Celle du contrôleur Blanc est institutionnalisée, tandis que les relations entre policiers et journalistes sont informelles. On connaît mal les liens personnels qui pouvaient exister entre des journalistes et des policiers11. Détective ne paraît néanmoins pas très proche des acteurs policiers locaux. Certes, l’actualité politico-judiciaire et criminelle est suffisamment importante à Marseille pour que Détective y envoie régulièrement des envoyés spéciaux, en plus d’y rémunérer un correspondant local Jean Castellano. Cependant les imprécisions voire les erreurs sur les lieux et les identités, comme l’usage de stéréotypes souvent repassés, suggèrent que les journalistes écrivent au moins une partie des articles loin du terrain ; il est rare que des Marseillais soient interrogés, et les policiers sont absents, surtout vers 1937-1938. 8L’analyse du contrôleur Blanc est en revanche issue d’une enquête menée auprès des polices marseillaises. S’il mentionne certains des vols évoqués dans Détective par Dornain, il se montre plus précis. Ainsi, 290 000 francs et pas 300 000, le 23 et non le 24 décembre 1936, à un employé du service de nettoiement de Marseille » et non au chef du service municipal de la voirie de Marseille ». Le 15 janvier 1937 à Brignoles, la soustraction de 41 000 francs et de divers titres à Rey, gérant de la succursale du Crédit lyonnais, et Richard, le chef des titres, et non celle de 45 000 francs au directeur du Crédit lyonnais et à son fondé de pouvoir. Il insère même dans le corps de son texte un extrait de rapport du commissaire central sur la question des vols à main armée, signe que la police marseillaise identifie elle aussi un vrai problème d’ordre public. Il énumère enfin des vols en plus grand nombre et aux cibles, butins et modes opératoires bien plus variés. Cette représentation est plus proche de la réalité, telle qu’elle transparaît du moins dans les archives judiciaires. 12 Pour le cas marseillais, je renvoie à ma thèse, Marseille, capitale du crime. Histoire croisée de l ... 9Associant violence et professionnalisme, ces vols se situent à la rencontre de deux impératifs policiers la protection des personnes, la lutte contre les milieux criminels. Depuis la fin du xixe siècle, comme l’indique l’étude de la répression, les atteintes aux biens sont pour la plupart correctionnalisées. Restent déférés aux assises, pour l’essentiel, les violences graves faites aux personnes et les vols avec violences12. Par ailleurs, si la poursuite des criminels endurcis n’est pas inédite, elle prend un tour nouveau à la fin du xixe siècle, dans le nouvel espace public démocratique et républicain. C’est dans les années 1890 que s’est définitivement imposé un traitement différencié des primo-délinquants et des récidivistes, et une catégorisation des criminels selon le caractère accidentel, habituel et professionnel de leur déviance, sous l’influence de la sociologie et de l’anthropologie criminelles. 13 Dominique Kalifa, Enquête judiciaire, littérature et imaginaire social au xixesiècle », dans J. – ... 14 Ibid., p. 250. Jean-Marc Berlière, Images de policiers en France deux siècles de fantasmes » da ... 15 Sur l’étroite relation entre défense des intérêts policiers et représentations des milieux criminel ... 10La nécessité de traiter et résoudre ces affaires est sans doute encore accrue par l’importance que leur donne la presse. Depuis le début du siècle, les polices marseillaises identifient trois filières professionnelles du vol dans les espaces portuaires, dans les espaces ferroviaires et au préjudice de transporteurs de fonds. Toutes révèlent des dysfonctionnements dans la circulation de l’argent et des marchandises. La sécurisation des gares, et surtout des ports, a constitué un enjeu majeur du premier xxe siècle. Mais seul le vol à main armée trouve sa place dans Détective, et spécialement le coup de l’encaisseur », qui n’est pourtant pas son seul type. Conformément à une évolution générale des récits de crime, la narration du vol est subsumée par celle de l’enquête policière, ce qui place les policiers sur le devant de la scène médiatique et les expose donc au regard de l’opinion publique13. Or, depuis la stabilisation de la République, les pouvoirs publics ont le souci de promouvoir l’image d’une police protectrice et tutélaire », et les services judiciaires, en guerre contre le crime, sont les plus à même d’incarner ce visage positif14. Leur légitimité est d’autant plus assurée que l’adversaire paraît puissant, c’est-à-dire déterminé, organisé et abondant15. La presse est une vitrine majeure de l’action policière, et le fait que les vols à main armée y soient privilégiés ne peut pas ne pas rejaillir sur le travail policier, en se situant en tête des tâches à accomplir. Non seulement la police peut y gagner en termes d’image, mais en outre son échec est susceptible d’avoir des conséquences très négatives, comme on le verra plus loin. 16 La crise de la rubrique des faits divers est alors générale. Le Petit Marseillais se recentre aussi ... 11Il est logique que Détective, hebdomadaire national, ne relaie qu’une partie de l’actualité criminelle provinciale, d’autant plus qu’il privilégie le grand reportage au fait divers16. Mais ceci ne suffit pas à expliquer les raisons d’une couverture privilégiée du coup de l’encaisseur », ni quels enjeux, policiers ou journalistiques, sont susceptibles de l’expliquer. Pour ce faire, il faut explorer les représentations de ces vols, dans les deux types de sources. Des vols grandioses aux accents de révolte 12Dans le cadre des informations judiciaires ou d’enquêtes officieuses, les dossiers d’enquêtes individuelles et de renseignements confidentiels » rédigés par des inspecteurs, plus rarement par des commissaires, visent à classer les individus au moyen de critères connus des collègues et des magistrats, au service de l’ajustement individuel d’un éventuel traitement judiciaire. Tout suspect est qualifié personnellement et socialement moralité, conduite et fréquentations, bonnes, douteuses, mauvaises ou très mauvaises ; rapport au travail ; dangerosité. Certaines figures singulières font aussi l’objet de rapports libres rédigés par des commissaires et révélateurs de leur rapport familier aux grands concepts de l’anthropologie criminelle. 17 Ainsi de Maucuer, dans le rapport dressé par le commissaire Guibal en personne, chef de la 9e briga ... 18 Le 6 mai 1932, l’agent Drillet écrit Maucuer était chef de bande de pilleurs de trains. Repris ... 19 Il faudrait faire l’histoire de ce terme, probablement issu du lexique anglo-saxon. À notre avis, ... 13Une forte réprobation morale se dégage des rapports consacrés aux agresseurs à main armée. Seuls les complices désireux de collaborer bénéficient d’attention17. Les autres sont décrits comme des marginaux amoraux, désaffiliés sur les plans professionnel et familial, et insérés dans les réseaux interlopes composés de trafiquants, de voleurs et de prostituées. Ce faisant, ils partagent bien des traits avec les autres voleurs et trafiquants qui composent les milieux criminels. Si les trafiquants se distinguent par une désaffiliation moins évidente, la différence n’est que de quelques degrés et l’appartenance des uns et des autres au milieu ne fait pas débat. Un même schéma circulaire s’applique à tous, alliant les mauvaises fréquentations à la mauvaise moralité, l’absence de travail stable et honnête et des accointances politiques embarrassantes. Les individus jugés capables de tuer, dangereux », très dangereux », appartenant aux criminels-nés » se distinguent du lot18. Auguste Méla, l’un des organisateurs de l’attaque du train de l’or, est même qualifié d’ ennemi public n° 119 ». Mais pour qui ces voleurs sont-ils dangereux et que recouvre cette expression ? 14Il faut bien distinguer ces vols à main armée des petites agressions et des cambriolages qui engendrent un fort sentiment d’insécurité, comme ce fut par exemple le cas dans les années 1900. Dans les années 1860-1870, les attaques nocturnes au cœur de la ville et les bandes italiennes des campagnes alentour avaient elles aussi semé la terreur dans la population provençale. Mais les bandes dont il est ici question s’attaquent à des porteurs de fonds. Elles visent l’activité économique, ses richesses circulantes, ses organisations les entreprises, les banques, elles ne sont dangereuses que pour les travailleurs exposés dans le cadre professionnel, en l’absence de dommages collatéraux. Dans le rapport du commissaire central reproduit par Blanc, l’ émotion du public » renvoie ainsi plus probablement à l’indignation collective qu’à la peur de chacun pour lui-même. D’ailleurs, le contrôleur est plus préoccupé de sauvegarder la morale publique et les intérêts touristiques régionaux que de restaurer un quelconque sentiment de sécurité il lui semble incongru de laisser, faute de mesures préventives, des criminels s’enrichir avec une dérisoire facilité » et il ne croit pas qu’il faille tenir pour négligeable également l’impression déplorable produite sur l’opinion publique et sur l’opinion particulière des étrangers et des usagers de la côte méditerranéenne ». Dans ennemi public », public » ne désigne pas la même population que dans danger public » c’est d’abord pour la police que ces malfaiteurs sont un problème, si elle est tenue en échec, car, du fait de la couverture médiatique particulière qui leur est consacrée, l’institution est exposée aux reproches de sa hiérarchie politique et policière, en raison de l’indignation publique et du mécontentement du patronat, dont il ne faut certainement pas négliger le poids. 20 Membres de l’attaque du train de l’or. Pour Jean Rossi Assez subtil, connu pour respecter la lo ... 21 Voir l’éditorial du 4 mai 1939. 15Le traitement privilégié que la presse réserve à ces vols n’est sans doute pas sans rapport avec leur représentation assez ambivalente, entre répulsion et fascination. Sans doute ce discours est-il diffusé avec des complicités policières qu’il est toutefois difficile de cerner, dans la mesure où la parole policière, dans le cadre institutionnel, est assez contrôlée. On note cependant que les policiers reconnaissent sans détour l’intelligence hors du commun d’un Maucuer, le savoir-faire et la finesse d’un Rossi, la force d’un Dessi20. Dans Détective, l’immoralité des voleurs est souvent dénoncée, de même que leur dangerosité21. Marius Larique, rédacteur en chef, prend régulièrement la plume pour rappeler que son journal est du côté de la loi et de la répression. Enfin, les voleurs à main armée sont absents des grands reportages. Les journalistes côtoient volontiers des trafiquants de femmes et de stupéfiants, comme s’ils étaient plus fréquentables, de sorte que le journal livre une vision tronquée des milieux criminels. La cause en est sans doute la plus grande respectabilité des activités transactionnelles, propres » car voisines de la déviance économique, qui est celle des élites et des cols blancs, tant que le statut victimaire des prostituées et des consommateurs de stupéfiants est incertain. Le trafiquant ne rompt pas le contrat social. 22 Ainsi, lorsqu’un policier raconte comment Émile Long, membre de l’attaque du train de l’or, a échap ... 23 Paul Bringuier, L’attentat de Marseille », Détective, 29 novembre 1928. 24 Sur la mémoire de Bonnot, Marc Renneville, Notes sur Bonnot », juin 2009, ... 16Cependant le journal est soumis à l’impératif d’accrocher et retenir son lectorat. Pour ce faire, il privilégie des récits simplifiés, vivants et émouvants, car le public visé est plutôt populaire. Il est ainsi fait usage d’oppositions binaires criminels versus victimes sans défense, meneurs impitoyables versus suiveurs amendables et de descriptions physiques et morales donnant corps aux poli ciers comme aux malfaiteurs. Les récits, romancés, en appellent à l’aventure, au drame, à la comédie22. Le ressenti positif ou négatif, entre indignation, colère, amusement ou admiration, n’est pas clairement associé aux malfaiteurs ou aux policiers la force des textes, au moins en matière de pègre et de milieu, réside sans doute dans cette ambivalence qui s’applique aux trafiquants, mais aussi aux adeptes du coup de l’encaisseur ». à lire Paul Bringuier, ces derniers n’ont en effet rien à voir avec certains crimes sordides » et repoussants », comme le rapt, l’enfant égorgé ou les vieux paysans empoisonnés. Ils empruntent à l’aventure, au risque un élément de grandeur dramatique » et appartiennent à l’élite du vol, héritiers des figures légendaires » de Mandrin et de Cartouche23. Le journal invoque donc la tradition travaillée de romantisme du bandit d’honneur et du bandit social. Bien qu’ils ne redistribuent pas le produit de leurs vols, La Griffe ou Maucuer prennent une revanche sociale, parce que leurs cibles sont de grandes entreprises ou des banques qui suscitent une empathie d’autant plus modérée que le contexte de crise économique ternit l’image du capitalisme. Les victimes immédiates des violences, visées dans le cadre de leurs fonctions, contribuent en quelque sorte ou du moins adhèrent à l’ordre économique ainsi transgressé. Quoique condamnée vertement, la violence est bien mise à distance, ce qui facilite l’expression d’une certaine fascination, médiatisée en particulier par la référence systématique à Bonnot. Les voleurs sont, en effet, qualifiés de bandits tragiques », alors même qu’ils ne se réclament d’aucune idéologie. Cela les inscrit dans une tradition renouvelée du banditisme, alors très vivace24. 25 Paul Bringuier, L’attentat de Marseille », art. cité. 26 Ainsi, de Falcetti suivant Maucuer dans sa cavale, il est dit Il avait toujours porté une vive ... 17La fascination exercée par ces voleurs a plusieurs ressorts. Ce sont d’abord des icônes de la modernité urbaine, par leur détournement maîtrisé de biens et de techniques produits par les révolutions industrielles, tels que les automobiles souvent de course, des Hotchkiss, les camions, les revolvers, les bas nylon. Ils s’approchent ainsi d’Arsène Lupin et des figures artistiques et astucieuses du haut vol, mais en incarnant l’industrialisation du vol, par le perfectionnement de ses méthodes et de ses techniques détournement de la division du travail, du chronométrage, de l’efficacité. Ils renvoient cependant à un versant négatif de la modernité, ouvert à la violence, raison pour laquelle ils sont assimilés à des gangsters. C’est bien l’association de la violence et du professionnalisme, dans un État incarnant la modernité, qui trace les contours du gangster, quand bien même le gangster est dans les faits un bootlegger, donc un trafiquant, plutôt qu’un voleur25. Plus sans doute que les trafiquants et les voleurs de la haute pègre, ces voleurs incarnent en outre une liberté, une virilité et une puissance naturelle non canalisées et transgressives, qui n’ont de cesse de fasciner26. Non seulement ils défient l’ordre économique simultanément décrié, mais en outre ils contestent le monopole de la force dévolu à l’État et à sa police. C’est pourquoi cette dernière a aussi, en fin de compte, tout intérêt à les mettre hors d’état de nuire. Une police d’État contestée 27 Le journal se fait par exemple l’écho des revendications policières en termes d’effectifs. Henri Da ... 18L’intérêt commun des journalistes et des policiers à médiatiser ces vols et la riposte policière les pousse à collaborer lorsque la situation est favorable à l’institution policière. Les premiers livrent informations et interviews, les seconds louent en retour l’efficacité des services, voire relaient leurs intérêts catégoriels27. Le journaliste détaille l’enquête policière, se met en scène aux côtés de l’institution, mais il délivre aussi son interprétation des faits. Or une police d’élite est attendue face à ces voleurs et, puisque le paradigme de l’enquête habite les récits, les journalistes sont tentés d’enquêter officieusement, voire d’enquêter sur la police si cette dernière est tenue en échec, au nom de l’idéal de vérité et de transparence qui légitime le journalisme. Aussi, lorsque ces voleurs échappent à la police judiciaire, l’efficacité et la crédibilité de cette dernière sont discutées dans la presse, en particulier lorsque les liens entre les hommes du journal et ceux de l’institution ne sont pas très forts ce qui est le cas ici. 28 Paul Bringuier, Comment furent arrêtés les bandits de Marseille », Détective, 6 décembre 1928. 29 Henri Danjou, Verdict de nervis, verdict de jurés. Les hors-la-loi de Marseille », Détective, 19 ... 30 Chasse aux bandits », en couverture de Détective, 3 mai 1932. 31 Pierre Scize, Gangsters, pas morts », Détective, 1er février 1934. 32 Cet angle d’attaque ne se retrouve pas dans la presse locale, notamment le Petit Provençal, plus pr ... 19Le traitement de l’affaire des bandits de la Bourse montre une Sûreté expérimentée et efficace, en dépit de l’emploi d’indicateurs, vieille recette policière déconsidérée. Bringuier se tire d’affaire en célébrant l’expérience du chef de la Sûreté, Grisoni, qui connaît la ville dont l’État lui a confié la sécurité », et en dénigrant les infidélités des jaunes » de la pègre28. Toutefois, lors du procès, Danjou interroge à mots couverts la responsabilité de la police dans la mort de l’encaisseur Loudier la Sûreté n’a-t-elle pas laissé les bandits agir librement, dans l’espoir de mieux les prendre29 » ? La même polémique resurgit lors du procès des bandits de Saint-Barnabé. Au moment du crime, la Sûreté marseillaise est encensée. L’hebdomadaire exploite l’émotion provoquée par la tragique fusillade et célèbre la détermination du service à mettre les assassins sous les verrous, avec le soutien des mobilards30. Les voleurs sont diabolisés, surtout Maucuer, longtemps fugitif. Mais en 1934, lors du procès, Pierre Scize ne cache pas sa déception Un Socrate d’estaminet, un lourdaud infatué, deux débiles men taux et une mégère de quartier. [...] On a voulu présenter leur capture comme le couronnement d’une besogne d’épuration qui aurait débarrassé Marseille de ses bandits. Là, on a exagéré31. » De plus, parmi les témoins appelés à la barre figure un individu aux allures d’indicateur, sous le coup d’un arrêté d’expulsion mais néanmoins autorisé à demeurer sur le territoire... Cette fois, la recette policière est dénoncée et la Sûreté accusée d’avoir grossi la dangerosité de la bande pour sortir grandie d’une affaire pourtant honteuse l’envoi de quatre hommes à la mort dans une souricière mal préparée32. 33 Jean Castellano, Les bandits de Marseille », Détective, 4 mars 1937. 34 Id., Renucci le suspect crie "Je suis innocent" », Détective, 11 mars 1937. 35 Id., Les mystères de Marseille », Détective, 24 février 1938. 36 Luc Dornain, Le scandale policier de Marseille », Détective, 27 octobre 1938. 20Le 4 mars 1937, Jean Castellano s’exclame Une situation sûre, sinon de tout repos, c’est maintenant celle de détrousseur de banque ou d’agents des PTT sur le littoral33. » Le 11, Jo Renucci, accusé d’une telle agression, demande à l’hebdomadaire de suppléer le travail policier par une enquête journalistique en marge ou à l’appui de l’enquête policière », comme si l’institution était défaillante34. Dans un premier temps, la Sûreté n’est pas critiquée, quoiqu’elle ait déjà perdu la confiance du parquet, mais absente témoins et victimes racontent l’agression, comme si les policiers ne communiquaient plus. Pourtant, elle est dite habile et courageuse », ou insuffisante faute de crédits », mais ce sont des propos convenus, formels, de la part d’un hebdomadaire spécialisé qui a intérêt à maintenir de bonnes relations avec la police en général35. Mais lorsqu’une enquête de l’Inspection générale des services administratifs révèle l’existence de pratiques corruptives, l’hebdomadaire crie au scandale policier », cause de l’impunité des bandes36. Les polices d’État ont été créées, écrit Marius Larique, pour échapper aux influences locales » mais, à Marseille, l’expérience a échoué ». 37 Pour épurer Marseille, épurons la police locale », Détective, 20 octobre 1938. Trop de policiers y sont nommés, qui par solidarité d’origine deviennent ensuite les protecteurs conscients ou non des malfaiteurs. [...] Les policiers honnêtes qui sont heureusement la majorité sont depuis longtemps écœurés [...]37. 38 Il s’agit des numéros 521 et 526 des 20 octobre et 24 novembre 1938, AD 13, 23 J 1. Archives person ... 21Et de louer l’indépendance de la 9e brigade de police mobile, son efficacité et son sérieux. Soucieux néanmoins de maintenir de bonnes relations avec les polices, le journal n’accuse que quelques brebis galeuses » perméables ou acquises aux mœurs méridionales, jugées dévoyées. C’est dans ce contexte, et alors que, à la suite du rapport Blanc, une brigade des agresseurs, formée au sein de la police mobile, a scrupuleusement enquêté sur les bandes de voleurs, que se produit l’affaire du train de l’or. Les succès des mobilards sont l’occasion, pour les polices marseillaises, d’engager une bataille de l’image. Les deux polices se mettent en scène main dans la main, victorieuses, dans le but de revaloriser la Sûreté. Détective couronne toutefois les mobilards, qui font la une. Signe qu’il y vit un moment glorieux de sa carrière, le commissaire Mercuri conserva les deux numéros de Détective qui célébraient son travail38. 22Dans le Marseille des années 1930, les vols à main armée rencontrèrent la dénonciation des institutions et des mœurs politiques locales, et les deux thèmes s’accrurent vers 1937-1938, peu avant que la ville soit placée sous la tutelle d’un administrateur extraordinaire, au printemps 1939. Du fait de ce contexte particulier, ces vols ont fait couler beaucoup d’encre, si bien que l’on dispose de sources privilégiées pour les étudier, les situer dans l’histoire du vol et comprendre les discours dont ils ont été les vecteurs. L’hebdomadaire les a exploités à des fins politiques et commerciales. Ils ont représenté un enjeu fort pour les polices, mettant en doute un service de police judiciaire, étatisé qui plus est, et imposant à l’institution d’innover notamment au bénéfice de la police mobile. La représentation de ces vols renvoie à la modernité industrielle et au rapport ambigu entre la modernité et la violence. L’assimilation de tous les vols avec violence à ces seuls vols à main armée rappelle la centralité qu’occupent, dans l’imaginaire criminel du premier xxe siècle, le milieu et ses professionnels du crime. Notes 1 Jean-Louis Loubet del Bayle, Marie-Hélène Cubayles, La police et la presse un système d’interactions », dans J. – L. Loubet del Bayle et al., Police et société, Toulouse, Presses de l’IEP de Toulouse, 1988, p. 150-173. M. – H. Cubayles, La police et la presse. Des institutions et des hommes, thèse de doctorat d’État en science politique, IEP de Toulouse, Publications du centre d’études et de recherches sur la police, 1980, 2 vol. Jean-Louis Loubet del Bayle, Police et politique. Une approche sociologique, Paris, L’Harmattan, 2006, p. 277-286. 2 Le thème de la presse comme support d’un discours policier est par exemple abordé par Andrew Davies, The Scottish Chicago ? From "Hooligans” to "Gangsters" in Inter-War Glasgow », Cultural and Social History, 2007, 4 4, p. 511-527. Pour la France, voir Dominique Kalifa, L’encre et le sang récits de crimes et société à la Belle Époque, Paris, Fayard, 1995, en particulier le chapitre Portrait du reporter en héros », p. 82-104, pour une mise au point sur le travail des reporters et l’organisation des journaux. La question des interactions spécifiques de la presse et de la police vient souvent en arrière-plan d’études relatives à des situations de crise. Laurent López, La bande à Bonnot l’assaut final à Nogent 14 au 15 mai 1912 », Criminocorpus, Histoire de la police », consulté le 15 novembre 2011, 3 Christian Delporte, Les journalistes en France, 1880-1950. Naissance et construction d’une profession, Paris, Seuil, 1999, p. 272-273. 4 Georges-André Parent, Presse et corps policiers complicité et conflit », Criminologie, vol. 20,1,1987, p. 99-120. Jean-Paul Brodeur examine les similarités entre presse et police dans Les visages de la police pratiques et perceptions, Montréal, Presses de l’université de Montréal, 2003, p. 153. 5 AN, F713985, Enquête du contrôleur général Blanc sur les gangsters des Alpes-Maritimes, du Var et des Bouches-du-Rhône », le 24 novembre 1937. Une imprégnation semblable du lexique criminel national par des termes issus de la culture nord-américaine du banditisme est alors visible en Grande-Bretagne. Andrew Davies, The Scottish Chicago ?... », art. cité. 6 Luc Dornain, Les gangsters de Marseille », Détective, 10 juin 1937. 7 AN, F713985, Enquête du contrôleur général Blanc... », op. cit. 8 Les termes hold-up » et braquage » semblent s’imposer dans le second xxe siècle. 9 Dominique Kalifa, L’encre et le sang..., op. cit., p. 84-8 Ba5. Jeanzal, Le milieu and co. Confidences d’un journaliste, Paris, Hermé, 1990, p. 83. 10 L’une est administrative et l’autre médiatique. Sur les types d’enquête et l’extension, notamment médiatique, de ce mode d’élucidation du monde social, Dominique Kalifa, Enquête et culture de l’enquête au xixesiècle », Romantisme, 149, 2010/3, p. 6 et 20 notamment. 11 Sur la force des liens interpersonnels empiriques établis entre des membres de chaque corporation, J. – L. Loubet del Bayle, M. – H. Cubayles, La police et la presse... », art. cité, p. 162. 12 Pour le cas marseillais, je renvoie à ma thèse, Marseille, capitale du crime. Histoire croisée de l’imaginaire de Marseille et de la criminalité organisée 1820-1940, université Paris 10-Nanterre, 2008, chapitre V, L’astuce et la violence ». 13 Dominique Kalifa, Enquête judiciaire, littérature et imaginaire social au xixesiècle », dans J. – C. Farcy, D. Kalifa, J . – N. Luc dir.. L’enquête judiciaire en Europe au xixe siècle, Paris, Créaphis, 2007, p. 241. 14 Ibid., p. 250. Jean-Marc Berlière, Images de policiers en France deux siècles de fantasmes » dans jahrbuch für Europaïsche Verwaltungsgeschichte Annuaire d’histoire administrative européenne, 6, 1994, Images de l’administration. Mémoires, caricatures, romans, architecture », p. 125-148. Publié en ligne sur § 38. 15 Sur l’étroite relation entre défense des intérêts policiers et représentations des milieux criminels, Jens Jäger, Vervolgung durch Verwaltung. Internationales Verbrechen und internationale Polizeikooperation 1880-1933, Constance, Universitätsverlag Konstanz, 2006, notamment p. 168. 16 La crise de la rubrique des faits divers est alors générale. Le Petit Marseillais se recentre aussi sur les affaires les plus spectaculaires. Marine M’Sili, Le fait divers en République histoire sociale de 1870 à nos jours, Paris, CNRS Éditions, 2000, p. 198-201. Sur le succès du grand reportage, Myriam Boucharenc, L’écrivain-reporter au cœur des années trente, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2004. 17 Ainsi de Maucuer, dans le rapport dressé par le commissaire Guibal en personne, chef de la 9e brigade de police mobile, le 21 novembre 1932, AD13, 208 U 3/181. 18 Le 6 mai 1932, l’agent Drillet écrit Maucuer était chef de bande de pilleurs de trains. Repris de justice très dangereux, il ne vivait que du produit des vols. Sa conduite, sa moralité et ses fréquentations étaient très mauvaises », AD 13, 208 U 3/181. La dangerosité est aussi invoquée dans Détective. Ainsi pour la bande Griffaut Ce sont tous de dangereux repris de justice », écrit Paul Bringuier, dans l’édition du 29 novembre 1928. 19 Il faudrait faire l’histoire de ce terme, probablement issu du lexique anglo-saxon. À notre avis, Mela doit être catalogué comme l’ennemi public n° 1 », rapport sur Auguste Mela par les inspecteurs de police mobile Nicoli, Marois et Sebeille, le 14 avril 1939, AD 13, 23 J 1. 20 Membres de l’attaque du train de l’or. Pour Jean Rossi Assez subtil, connu pour respecter la loi du silence, il ne manque pas d’intelligence et dans le milieu son habileté à être "passé au travers” en maintes circonstances lui donnait une classe appréciée par les individus de son espèce », rapport de renseignement sur Jean Rossi, le 14 avril 1939, AD 13, 23 J 1. 21 Voir l’éditorial du 4 mai 1939. 22 Ainsi, lorsqu’un policier raconte comment Émile Long, membre de l’attaque du train de l’or, a échappé à la police grâce à la puissance de sa Hotchkiss Je crois bien que celui-là m’a fait un pied-de-nez en s’enfuyant, murmure mon interlocuteur. » Jean Castellano, À l’assaut du gang marseillais », Détective, 20 novembre 1938. 23 Paul Bringuier, L’attentat de Marseille », Détective, 29 novembre 1928. 24 Sur la mémoire de Bonnot, Marc Renneville, Notes sur Bonnot », juin 2009, consulté le 9 octobre 2011. La bande de 1928 est décrite par Jean Morières Les bandits tragiques de Marseille », Détective, 5 décembre 1929. En couverture du numéro du 3 mai 1932, relative à l’attaque du bureau de poste, on lit De tous côtés, dans Marseille, on croit voir les bandits tragiques », F. Dupin, Maucuer le bandit », Détective, 18 janvier 1934 Jamais peut-être depuis Bonnot, bandits ne montrèrent plus de cruauté dans l’exécution de leur crime, plus d’audace dans leur fuite. » 25 Paul Bringuier, L’attentat de Marseille », art. cité. 26 Ainsi, de Falcetti suivant Maucuer dans sa cavale, il est dit Il avait toujours porté une vive admiration à cet individu brutal, audacieux, cynique qu’était Maucuer. D’un naturel timide, Falcetti avait senti un jour le besoin instinctif de se mettre à l’ombre de cette force », de cet homme à la parole sèche et incisive, au regard pénétrant, à la poigne d’acier. » Jean Castellano, Guerre aux bandits ! », Détective, 3 mai 1932. 27 Le journal se fait par exemple l’écho des revendications policières en termes d’effectifs. Henri Danjou, Les bas-fonds de Marseille. VI/ Quartier réservé », Détective, 26 septembre 1929. 28 Paul Bringuier, Comment furent arrêtés les bandits de Marseille », Détective, 6 décembre 1928. 29 Henri Danjou, Verdict de nervis, verdict de jurés. Les hors-la-loi de Marseille », Détective, 19 décembre 1929. 30 Chasse aux bandits », en couverture de Détective, 3 mai 1932. 31 Pierre Scize, Gangsters, pas morts », Détective, 1er février 1934. 32 Cet angle d’attaque ne se retrouve pas dans la presse locale, notamment le Petit Provençal, plus proche des sources policières. 33 Jean Castellano, Les bandits de Marseille », Détective, 4 mars 1937. 34 Id., Renucci le suspect crie "Je suis innocent" », Détective, 11 mars 1937. 35 Id., Les mystères de Marseille », Détective, 24 février 1938. 36 Luc Dornain, Le scandale policier de Marseille », Détective, 27 octobre 1938. 37 Pour épurer Marseille, épurons la police locale », Détective, 20 octobre 1938. 38 Il s’agit des numéros 521 et 526 des 20 octobre et 24 novembre 1938, AD 13, 23 J 1. Archives personnelles du commissaire Mercuri. Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères. Le vol est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende 1° Lorsqu'il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice, sans qu'elles constituent une bande organisée ;2° Lorsqu'il est commis par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions ou de sa mission ;3° Lorsqu'il est commis par une personne qui prend indûment la qualité d'une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public ;4° Lorsqu'il est précédé, accompagné ou suivi de violences sur autrui n'ayant pas entraîné une incapacité totale de travail ;5° Lorsqu'il porte sur du matériel destiné à prodiguer des soins de premiers secours ;6° Lorsqu'il est commis dans un local d'habitation ou dans un lieu utilisé ou destiné à l'entrepôt de fonds, valeurs, marchandises ou matériels ;7° Lorsqu'il est commis dans un véhicule affecté au transport collectif de voyageurs ou dans un lieu destiné à l'accès à un moyen de transport collectif de voyageurs ;8° Lorsqu'il est précédé, accompagné ou suivi d'un acte de destruction, dégradation ou détérioration ;9° Abrogé10° Lorsqu'il est commis par une personne dissimulant volontairement en tout ou partie son visage afin de ne pas être identifiée ;11° Lorsqu'il est commis dans les établissements d'enseignement ou d'éducation ainsi que, lors des entrées ou sorties des élèves ou dans un temps très voisin de celles-ci, aux abords de ces établissements ;12° Lorsqu'il est destiné à alimenter le commerce illégal d' peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende lorsque le vol est commis dans deux des circonstances prévues par le présent article. Elles sont portées à dix ans d'emprisonnement et à 150 000 euros d'amende lorsque le vol est commis dans trois de ces circonstances. 1 Le pillage des janvier 1939, Adolf Hitler prépare activement la guerre. Il est furieux, car il vient de prendre connaissance d'une note confidentielle, datée du 7 janvier, préparée à son intention par le président du directoire de la Reichsbank, Hjalmar Schacht. Le ton du message est en effet alarmant. Le IIIe Reich, explique Schacht, est au bord de la banqueroute Il n'y a plus de réserves ni de devises à la Reichsbank" Les réserves constituées par l'annexion de l'Autriche et par l'appel aux valeurs étrangères et aux pièces d'or autochtones sont épuisées. Les finances de l'Etat sont au bord de l'effondrement», écrit-il. L'Allemagne qui, quelques mois plus tard, va lancer ses troupes à l'assaut de la Pologne, de la Tchécoslovaquie, de la Belgique et de la France a les caisses vides. Hitler sait que l'or est le nerf de la guerre moderne. Il permet d'acheter les matériaux stratégiques nécessaires aux forces armées du Reich. Dès le début de la guerre, c'est donc de manière systématique que les nazis organisent le pillage. Les victoires éclairs de la Wehrmacht l'armée allemande en juin 1940 marquent le début d'une chasse au trésor sans précédent. Dans tous les territoires occupés, les services de la Reichsbank, les SS, les Affaires étrangères et les services économiques de divers autres ministères participent au pillage des lingots, des pièces, des bijoux et des devises. Le bras opérationnel de ce gangstérisme d'Etat, ce sont les commandos mobiles, les Devisenschutzkommandos, les commandos de protection des devises». Leur pouvoir est illimité ils fouillent les caisses d'épargne, les banques privées et leurs filiales, collectent l'or des bijoutiers, des joailliers, écument le marché noir, saisissent des biens privés et forcent les coffres de certains clients des résultats sont à la hauteur des espérances des nazis. Pour la seule Belgique, entre novembre et décembre 1940, la curée des commandos de protection des devises» rapporte l'équivalent de 4 320 millions de francs actuels et de 250 millions de devises. Revers de cette efficacité rapidement, le territoire belge n'est plus une source attractive. Le salut pour les nazis vient alors des Pays-Bas. Ils mettent la main sur 100 tonnes d'or de la banque nationale complétés par le butin des commandos de devises, en tout l'équivalent de 5400 millions de francs réactualisés. L'essentiel de ce magot de guerre paie les livraisons d'acier, de tungstène, de pétrole, du wolfram en provenance des pays neutres" Mais le gisement néerlandais s'épuise aussi. L'or de la Banque nationale belge BNB, mis à l'abri en Afrique, devient alors un enjeu central pour les nazis. Le 26 juin 1940, quatre semaines après la capitulation de l'armée belge, le roi Léopold III, prisonnier de la Wehrmacht, demande au Führer de bien vouloir rapatrier l'or belge, qui serait caché à proximité de Bordeaux. Les Allemands interrogent les autorités de Vichy. Avec diligence, la réponse française énumère les réserves d'or déposées à la Banque de France 4 944 caisses qui contiennent effectivement 221, 730 tonnes d'or de la Banque nationale belge, 1 208 caisses, soit 57 tonnes d'or polonais, 10 tonnes d'or luxembourgeois, letton, lituanien, norvégien et tchèque. Tout cet or avait été confié à la Banque centrale française pour le mettre en lieu sûr. Mais Vichy précise que cet or n'est plus à Bordeaux, il est sur le continent africain. En effet, le 18 juin 1940, le même jour où de Gaulle avait lancé son appel à la France libre depuis Londres, vingt-quatre heures après que le maréchal Pétain eut demandé un armistice au IIIe Reich, une escadre d'or, comme au temps des galions espagnols, avait levé l'ancre. Elle était chargée de 288,730 tonnes d'or. Les Etats-Unis étaient la destination prévue, mais les bateaux britanniques ne viendront pas au rendez-vous. Cap est donc mis sur le Sénégal, loin de Hitler et des champs de batailles européens. En France, les autorités pétainistes veulent croire qu'elles tireront profit d'une politique de sacrifice volontaire et de collaboration avec le IIIe Reich. De leur propre initiative, elles proposent à Berlin de servir d'intermédiaire pour récupérer l'or. Après tout, le Sénégal est une colonie française. La réponse allemande claque comme une gifle. Le 12 septembre 1940, Johannes Hemmen, le chef de la délégation allemande chargé de récupérer l'or belge, lance au gouverneur de la Banque de France, Bréat de Boisanger En Belgique, c'est nous qui sommes les maîtres. Nous avons donc tous les droits sur la Banque de Belgique, et c'est à titre de client que je vous demande de mettre notre or en sécurité. Je vous prie de le faire transporter en Belgique, ou tout au moins à Paris.» Cette exigence est contraire au droit international. Mais on n'en est plus là. Les Allemands ont déjà fait main basse sur l'or autrichien après l'Anschluss, puis sur celui de la ville libre de Dantzig. Pour l'or belge, les nazis mettent cependant les formes ils convoquent une conférence le 10 octobre 1940 à Wiesbaden. Le gouverneur de la Banque nationale belge, Janssen est écarté; officiellement, il est subitement tombé malade». C'est von Becker, un commissaire allemand, qui le remplace. Les nazis se font le porteur d'un faux message de Janssen, qui demande le rapatriement de l'or belge. Le droit mis au pas, reste à récupérer l'or pour Hitler. Vichy vient une seconde fois au secours des Allemands. C'est novembre 1940. Pétain décide d'accomplir un geste symbolique de réconciliation» avec le IIIe Reich. Il envoie deux avions chercher quelques tonnes d'or au Sénégal pour les livrer aux nazis. Puis, Vichy ordonne, sans en avertir les gouverneurs des banques centrales, de livrer la totalité de l'or belge aux Allemands. L'opération est en soi risquée seule la voie de terre qui passe par la savane sénégalaise vers le désert saharien offre une sécurité suffisante face aux sous-marins et aux avions alliés. Qu'importe! Les caisses d'or partent pour une invraisemblable odyssée. C'est d'abord Thiès, puis la ville de Kayès à l'intérieur des terres, Bamako sur la rive gauche du Niger, Kukikuru, tête de ligne du chemin de fer et ancienne capitale du Soudan français. Là, les caisses sont transbordées dans des camions légers ou sur des bateaux sur le Niger, mais les inondations bloquent le convoi. Après des mois d'attente, les caisses parviennent à l'oasis de Tombouctou, puis atteignent Gao, la ville sainte des musulmans d'Afrique occidentale. Nouveau transbordement et cette fois, c'est à dos de chameaux ou sur des camions, que les caisses chargées d'or parcourent les 1 700 km de piste jusqu'à Colomb-Béchar, dans le sud algérien, puis par train 1 600 km parviennent jusqu'à Alger. Là, des avions-cargo français, puis des appareils allemands les conduisent à Berlin. En tout, un voyage de dix-huit mois. Le dernier transport atteint la capitale allemande le 26 mai 1942. Impuissants, les Belges protestent. Falsifiés, les lingots sont acheminés en Suisse afin de servir l'effort de guerre L'or des l'été 1942, les camps de concentration et d'extermination livrent leur effroyable butin dents en or arrachées, montures de lunettes en or, alliances, bracelets, chaînes de montres" Selon les déclarations de l'arracheur de dents de Treblinka, deux valises de 8 à 10 kilos sortaient chaque semaine du camp», soit l'équivalent de 2 millions de francs suisses de l'époque, rien que pour ce camp relativement peu rentable. Le Reichsführer Heinrich Himmler suit de très près ces opérations. Ainsi, fin juin 1944, il demande à la direction du camp de concentration de Birkenwald, quelle est la quantité d'or disponible sur-le-champ. Un télex dresse la liste macabre quelques plaquettes d'or, un pendentif de montre et six chaînes, ainsi que des bracelets et des pièces détachées», en tout 4,399 kilos, d'une valeur, au cours officiel, de 10 marks et 85 pfennigs. Himmler ordonne que 3 kilos soient transférés à la Reichsbank immédiatement et que le reste serve ­ à titre exceptionnel ­ à des fins de corruption et de renseignements».A Auschwitz, les dents étaient extraites tout de suite après que les victimes eurent été asphyxiées dans les chambres à gaz et avant que les corps ne soient brûlés dans les fours crématoires. Ce travail était fait par des dentistes de la Sonderkommando section spéciale composée par les prisonniers eux-mêmes, appelés dans le jargon du camp Goldarbeiter. Refondu en lingots, l'or était ensuite envoyé sous escorte à Oranienburg près de Berlin, où se trouvait un bureau de la SS chargé de la gestion des biens, qui le remettait ensuite, ou du moins en grande partie, à la Reichsbank. Shlama Dragon, juif polonais, ancien membre de la Sonderkommando, qui a travaillé dans les chambres à gaz au camp d'Auschwitz et qui a réussi miraculeusement à survivre, raconte Quand le médecin du camp, Joseph Mengele, constatait que les hommes étaient morts, il disait "Es ist schon fertig c'est déjà fini, un SS ouvrait les portes des chambres à gaz, et nous, munis de masques, on enlevait les corps. Dans un couloir, les coiffeurs coupaient les cheveux, dans un autre compartiment, les dentistes enlevaient les dents.»La Banque centrale du Reich réceptionne donc l'or et les devises des juifs, mais aussi celui des adversaires du régime en fuite ou assassinés. Les bijoux à faible teneur en or ainsi que les pierres précieuses sont écoulés sur le marché parallèle des pays neutres ­ surtout en Suisse ­ par des collaborateurs». Ceux-ci encaissent des francs suisses et des dollars utiles pour le commerce extérieur allemand. L'or de meilleure qualité est refondu pour être transformé en lingots, exporté et masqué ainsi de sa véritable origine. Le rapport Eizenstat du nom du sous-secrétaire d'Etat américain au Commerce demandé par Bill Clinton et publié en 1996 note Une partie au moins de l'or vendu à l'étranger avait été arraché aux victimes des camps de concentration ainsi qu'à d'autres civils.» Quand les soldats de la 9e division d'infanterie américaine entrent en Allemagne au printemps 1945, ils mettent la main sur 100 tonnes de lingots d'or cachés par les nazis dans les mines de sel de Merkers, et trouvent en même temps des valises entières de couronnes, de montres, et de bijoux en or volés aux juifs. La Reichsbank avait ouvert un compte intitulé Melmer», du nom d'un responsable SS, sur lequel était déposé l'or volé. Un câble de l'ambassade des Etats-Unis à Paris informe début 1946 le département d'Etat que 8 307 des lingots récupérés à Merkers ont peut-être été fondus à partir de couronnes dentaires récupérées sur des cadavres». Des voix s'élèvent alors pour proposer de procéder à l'analyse de l'or récupéré, celui de Merkers comme celui que la Suisse va restituer conformément à l'accord de Washington, afin de déterminer ce qui provient des banques centrales européennes, et ce qui provient des victimes de l'Holocauste. Mais la proposition est écartée. Nous ne savions pas qu'on pouvait déterminer si cet or provenait de dents, de bracelets ou d'autres sources», a expliqué dans une interview au Los Angeles Times Seymour Rubin, un diplomate américain à la retraite d'origine juive, qui avait négocié avec les Suisses en 1945/ le rapport Eizenstat constate Il existe des preuves indiscutables que l'or volé par les nazis à des civils et à des victimes des camps était systématiquement reçu, classé, vendu, nanti, déposé ou converti et fondu par la Reichsbank en lingots d'or, puis placé dans les réserves d'or monétaires de cette dernière au côté de l'or volé ailleurs en Europe.» Fondu, l'or SS était impossible à distinguer des lingots d'or volé dans les différentes banques centrales des pays d'Europe occupés par les nazis. Ainsi, l'analyse d'une opération de fonte de florins néerlandais volés, effectuée en 1943, par l'hôtel des Monnaies prussien, indique que 37 kilos d'or fin provenant de pillages SS avaient été ajoutés pendant l'opération. En l'espèce, cet or fut vendu presque en totalité à la Allemagne, en tout cas, les archives de la Reichsbank sur l'or nazi en provenance des camps ont mystérieusement disparu. Hersch Fischler, un historien, a découvert début 1997, aux archives fédérales allemandes de Coblence, qu'en 1948, les Américains ont remis à la Bank Deutscher Länder prédécesseur de l'actuelle Bundesbank les archives de la Reichsbank concernant l'or nazi. Il a mis la main sur un document indiquant que des archives, comprenant 25 chemises relatives aux livraisons d'or venant des camps, ont été données à la Bank Deutscher Länder. Or, aujourd'hui, la Bundesbank, héritière de la Bank Deutscher Länder et installée dans le même bâtiment affirme ne pas avoir lesdits La machine à blanchir pillage massif et systématique de l'or dans les pays occupés et des victimes du nazisme n'était pas une opération laissée au hasard elle était essentielle au financement de la machine de guerre allemande" Parmi les pays neutres, la Suisse fut le principal banquier et intermédiaire financier des nazis», commente le rapport Eizenstat. La Suisse a-t-elle été le receleur de Hitler et de sa politique de pillage systématique? Et si tel est le cas, la politique de collaboration économique de la Suisse a-t-elle prolongé la guerre et occasionné des victimes supplémentaires? C'est, résumé à grands traits, la perspective américaine dès 1944, qu'a repris le rapport Eizenstat. Le gouvernement suisse rejette toujours ces accusations qu'il estime infondées. Si les interprétations divergent, les faits, eux, ne sont pas contestables. Depuis mai 1940 et la défaite de la France, la Suisse, encerclée par les forces de l'Axe, est dans une position difficile. Elle craint d'être à son tour avalée par la Wehrmacht. Elle mobilise ses soldats, mais son plus grand atout dissuasif, tient à son rôle de plaque tournante et à l'importance du franc suisse demeuré la seule devise convertible durant toute la guerre. Ce point est capital. La machine de guerre allemande a désespérément besoin des pays neutres la Suède lui fournit le fer et les roulements à bille. Le Portugal livre plusieurs ressources minérales indispensables, dont le tungstène, un additif utilisé dans la production d'acier et nécessaire à la construction d'armes de qualité lire page VIII. L'Espagne maintient un commerce actif de biens de matières premières. La Turquie fournit le chrome. Ces pays n'acceptent pas le reichsmark en paiement. Les nazis doivent régler en or ou en devises négociables sur le marché, au mieux en francs suisses. Mais après la défaite allemande de Stalingrad, plusieurs pays neutres s'interrogent s'il est encore souhaitable d'accepter de l'or allemand» douteux. N'est-ce pas plus sage de refuser cet or, pour s'épargner des difficultés politiques dans l'après-guerre? Bientôt, l'Espagne et le Portugal ne veulent plus d'or allemand». Le rôle de la Suisse devient alors capital. Walther Funk, président de la Reichsbank constate La Suisse est le seul pays où d'importantes quantités d'or peuvent encore être changées en devises.» En juin 1943, il écrit même que l'Allemagne ne peut se passer de l'aide suisse pour l'échange de l'or, ne fût-ce que deux mois». Dans un rapport confidentiel de trois pages daté d'octobre 1942, Paul Rossy, vice-président de la BNS Banque nationale suisse, tire les conclusions Le Portugal n'accepte plus l'or de la Reichsbank en paiement, en partie pour des raisons politiques, sans doute aussi, pour des raisons juridiques.» Il ajoute De telles objections tombent si l'or passe entre nos mains. Nous devrions y réfléchir.» Comme le dit Werner Rings qui a été écrit l'ouvrage le plus documenté sur la question 1, Rossy a une idée de prestidigitateur» transformer de l'or allemand en or suisse. Une parfaite opération de blanchiment qui se concrétise par des opérations triangulaires Hitler livre contre des francs suisses de l'or volé, puis paie avec ces devises, les matières premières stratégiques en provenance de Turquie, du Portugal, d'Espagne" Ces pays vendent ensuite leurs francs suisses contre de l'or porteur d'un certificat d'origine suisse. Ils se voient ainsi délivrés de toute critique alliée ils peuvent prétendre n'avoir fait qu'acheter de l'or à la Suisse. Ils sont blanchis» le tour de passe-passe a réussi. Lorsque, en 1943, les Alliés mettent en garde les neutres contre le fait d'accepter l'or du Reich, il est trop tard 756 millions de francs suisses d'or allemand» dont 411 millions d'or belge ont déjà pris le chemin de Berne. Pour toute la durée de la guerre, 1,7 milliard de francs suisses passent par la Suisse. Les deux tiers de l'or vendu ont été illégalement acquis, pillés essentiellement à la Belgique et aux Pays-Bas. De facto, sans bruit, en pleine guerre, la Suisse détient le monopole du marché de l'or. Les chambres fortes de la BNS en sont l'épicentre. Le génie» du marché triangulaire imaginé par Paul Rossy fait que des opérations de vente de produits stratégiques ne se concrétisent financièrement que par des déplacements de quelques mètres dans les caves de la marché est indétectable en surface. Il suffit aux employés de la BNS de transvaser de l'or d'un dépôt à un autre, sans même changer de salle. Tout l'or est en effet entreposé dans une pièce de 120 mètres carrés, 39 000 lingots de 12,5 kilos sont soigneusement disposés sur des étagères, 48 tonnes en tout. Le gouvernement suisse a donné sa bénédiction. Une note confidentielle des Affaires étrangères de mai 1944 constate avec une franchise surprenante Les paiements allemands à la Suède s'effectuent généralement par de l'or à Berne où les lingots sont poinçonnés à son chiffre" Evidemment, le public n'en sait rien et la Suède n'est pas mentionnée dans les articles de presse comme un acheteur de l'or volé ou pillé. La Suisse lui sert, en somme, de paravent et de sauvegarde.».4 Le règlement de l' 1943, les Alliés commencent à faire pression sur les neutres pour refuser l'or des nazis. En 1944, Américains et Britanniques déclarent que les transactions sont illégales et qu'elles ne seront pas reconnues dans l'après-guerre. Lorsque les Alliés sentent que la victoire a changé de camp, Washington lance le coup d'envoi de l'opération Safehaven» ainsi appelée parce qu'il s'agit d'éviter que les avoirs nazis volés trouvent un refuge sûr» confiée à des agents des services secrets de l'OSS, l'ancêtre de la CIA. L'objectif est triple il s'agit de bloquer le transfert d'avoirs allemands vers la Suisse et les neutres, de récupérer l'or volé et de prévenir toute renaissance ultérieure du nazisme, en évitant que le IIIe Reich ne déplace ses ressources hors d'Allemagne. En janvier 1945, le président Roosevelt écrit à son homologue suisse, von Steiger Ce serait une chose terrible pour la conscience, pour tout Suisse aimant la liberté, de se rendre compte que son pays a freiné les efforts d'autres pays aimant la liberté pour débarrasser le monde d'un infâme tyran" Je m'exprime en ces termes parce que chaque jour où la guerre se prolonge coûte la vie à un certain nombre de mes compatriotes.»Churchill est tout aussi clair. Mais la BNS et les banques privées suisses continuent de travailler jusqu'à la fin de la guerre avec les nazis. Survient la paix. Les Alliés exigent que la Suisse restitue l'or volé. Les négociateurs alliés estiment qu'entre 200 et 398 millions de dollars-or volés sont en Suisse à la fin de la guerre environ 9 et 18 milliards de francs d'aujourd'hui. C'est une négociation homérique qui s'engage au début 1946 à Washington. Pendant soixante-huit jours, les Suisses inventent mille prétextes, font preuve d'un juridisme sans limite, épuisent leurs négociateurs. A la veille de la conférence, ils nient même avoir reçu de l'or volé pendant la guerre. Pendant la conférence, ils s'en tiennent à une lecture restrictive du droit international et des lois suisses. Les Américains veulent boucler la négociation rapidement pour donner la priorité à la reconstruction de l'Europe. Les Britanniques ne veulent pas que ces discussions s'éternisent. Selon un mémo du 22 janvier 1946 de la British Embassy à Washington, les gouvernements neutres sont moralement et économiquement dans une position beaucoup plus forte pour résister à des sanctions qu'ils ne l'étaient durant les hostilités. De plus, les Alliés ne peuvent imposer les mêmes pressions morales et économiques». La guerre froide commence. En réalité, reconnaît le rapport Eizenstat, l'objectif principal des Alliés» dans l'immédiat après-guerre, ndlr était la sécurité en Europe». Il fallait éviter que l'or ne soit récupéré par les nazis en fuite, consolider le front antisoviétique, et remettre sur pied une Allemagne de l'Ouest démocratique. Il n'était pas question de se mettre les neutres» à dos pour dédommager les l'inflexibilité suisse, les Alliés réduisent alors leurs prétentions à 130 millions de dollars soit dix fois plus au cours actuel, puis à 88 millions, montant de l'or volé en Belgique que les Suisses reconnurent ils paient 58 millions de dollars en 1946 pour solde de tout compte» environ 3 milliards de francs d'aujourd'hui, concernant toutes les prétentions éventuelles sur les transactions entre la Suisse et la Reichsbank. Avec un culot sans limite, les négociateurs suisses ont fait inclure dans le préambule, que la Confédération ne jugeait pas fondée en droit la restitution de l'or», mais que le gouvernement suisse était désireux de contribuer à la pacification et à la reconstruction de l'Europe, y compris le ravitaillement des contrées dévastées» !. Le 25 mai 1946, l'accord de Washington est signé. Les Américains lèvent le blocage qu'ils avaient imposé sur 5 milliards de francs suisses de l'époque qui se trouvaient sur leur territoire et déchirent la liste noire d'entreprises suisses qui commerçaient avec les nazis. La Suisse vient de réussir son entrée dans le système économique de l'après-guerre. En septembre 1946, la commission tripartite est établie pour examiner les demandes des gouvernements ­ et non des personnes privées ­ en vue de la restitution de l'or monétaire volé. Composé de représentants des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne, le mandat de cet organisme est de s'assurer que chaque pays demandeur obtienne restitution ­ par l'intermédiaire du Gold Pool mis sur pied par ses soins ­, en proportion de ce que les Allemands avaient volé. Une dizaine de pays émettent des revendications l'Albanie, l'Autriche, la Belgique, la Tchécoslovaquie, la Grèce, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.

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